La France
Essai sur le trait d’union
« La France n’est pas ce qu’elle est, elle est ce qu’elle a à faire. »
Le livre
Trois temps — démolir, décrire, instituer.
Il existe un visage. À partir de crânes du premier siècle, des chercheurs ont reconstitué les traits les plus probables d’un Juif de Galilée : un homme du Levant, brun, mat — un de ceux que l’Europe surveille aujourd’hui aux portes de ses gares. C’est ce visage-là qu’une partie de l’Occident brandit pour fermer la porte à ceux qui lui ressemblent. Le Christ que l’on dresse contre l’Orient en vient.
De ce retournement, l’auteur tire une méthode — et un livre. Un fait — un visage, un sang, un sol — ne dit jamais ce qu’on lui doit : l’identité n’est pas une essence que l’on reçoit, mais un acte que l’on pose. Démolissant tour à tour, après d’autres, le roman d’une France « de souche » et son miroir, la France réduite à un butin colonial, l’essai renvoie dos à dos les deux essentialismes — non par confort, mais par cohérence. Puis il décrit ce que la France est vraiment : une charnière, un sédiment d’héritages venus du Nord et du Sud, de Rome, de la Germanie et du monde arabo-musulman. Reste à l’instituer.
Ni pamphlet ni sermon : une pesée, tenue d’un bout à l’autre, sur ce que peut vouloir dire aimer un pays sans croire à son essence. Car la France n’est pas ce qu’elle est. Elle est ce qu’elle a à faire.
Démolir
Défaire le roman d’une France « de souche » et son miroir, la France réduite à un butin colonial : deux essentialismes renvoyés dos à dos.
Décrire
Ce que la France est, vraiment : une charnière, un sédiment d’héritages venus du Nord et du Sud — de Rome, de la Germanie et du monde arabo-musulman.
Instituer
Faire de ce fait une vocation : non une réponse close, mais le droit de chercher le sens — à la condition de le laisser à l’autre.
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Extraits
Quelques pages dont on ne ressort pas tout à fait le même.
On brandit le Christ comme une frontière. On l’inscrit sur des banderoles qui réclament que l’on ferme la porte à ceux qui viennent de l’Est et du Sud, c’est-à-dire de chez lui. On le fait porte-étendard d’une identité qu’il n’a pas connue, contre un Orient dont il est sorti.
De Rome et de la Germanie, du christianisme latin et du monde arabo-musulman : la même mer a tout apporté.
On n’exclut personne pour ce qu’il est, mais on ne peut tolérer ce qu’il veut, lorsqu’il veut détruire le lieu où l’on pense ensemble.
La France n’est pas ce qu’elle est. Elle est ce qu’elle a à faire.
Ils l’ont lu
Premiers retours de lecteurs.
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